Rencontres professionnelles : Concentration dans les filières culturelles, fatalité ou opportunité ?
Le secteur de l’édition littéraire compte des milliers de maisons, mais deux d’entre elles monopolisent 80% du marché du livre. Le rapprochement en cours de ces deux mastodontes illustre que la concentration à l’œuvre depuis des décennies semble n’avoir pas de limite. Dans le domaine de la presse et des médias la concentration s’apprécie également sur un temps long, puisque dans les années 1980 déjà, la position dominante du groupe Hersant inquiétait. Quarante ans plus tard, l’accélération du phénomène et l’arrivée de nouveaux acteurs ont motivé une enquête du Sénat dont les conclusions ont été rendues le 31 mars dernier.
Parallèlement à ces mouvements dans les secteurs de la presse et de l’édition, le rachat de quelques festivals, de structures de production de spectacles ou de billetteries et l’arrivée sur le « marché » du spectacle vivant de sociétés capitalistiques exogènes au secteur car ayant fondé leur empire dans le monde de l’industrie ou de la finance pourrait paraître anecdotique. Mais les acteurs, les logiques et les enjeux présentent trop de similitudes pour que nous ne nous interrogions.
Article initialement publié sur le blog Plein Suds de Mediapart. Plein Suds est un ensemble de textes sensibles produits par l’équipe du festival des SUDS, à ARLES, pour accompagner concerts, créations et artistes invité·es, et en prolonger l’expérience au-delà de la scène.
Ce texte accompagne la table ronde "Concentration dans les filières culturelles, fatalité ou opportunité ? Édition, médias, musique : études comparées" dans le cadre de l’édition 2022 du festival.