Dimanche 15 juillet 2001, nous accueillons une très grande dame, une légende d'où le raï, le vrai, tient son âme.
Sa voix est chaude et rocailleuse, son chant libre et rebelle, sa parole crue et verte pour évoquer les passions, le deuil, l'alcool, l'émigration. Mémoire de la culture arabo-berbère, son répertoire est immense et son art sans concession. À 77 ans, accompagnée de la flûte de roseau de ses racines rurales ou de guitares et de batteries plus contemporaines, Cheikha Rimitti est toujours en quête de diversité et d'adaptation. Henné, lunettes noires, paillettes, bijoux et robes oranaise, un art consommé de la danse, elle est l'amoureuse, la prêtresse des plaisirs interdits, la mémoire populaire d'une société paradoxale, la mère fondatrice.